jeudi 26 avril 2012

Réaction à l'utilisation faite par la mairie de l'incident du 6 avril ; Un conseiller municipal nous écrit :

Monsieur Xavier Pareille, Conseiller municipal, Maire-adjoint à la Culture, à la Communication et au Social démissionnaire depuis septembre 2011, réagit à l'article paru sur le site officiel de la mairie le 10 avril 2012 :
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Des élus sous le choc

La violence physique est condamnable en politique, évidemment. Donc, on ne saurait que déplorer le désormais fameux "coup de boule" qu'a reçu Charles Prince, en fin du Conseil municipal du 6 avril.

Dès le lendemain, d'ailleurs, je suis allé, chez lui, m'assurer de son état… et suis parti tranquillisé sur ce point… Et tant mieux.
Mais je suis également allé voir celui qui a commis cet acte. Pour chercher à comprendre. Car un élu doit toujours chercher à comprendre, même quand ça ne l'arrange pas forcément. Surtout quand ça ne l'arrange pas forcément.


Et je pense d'ailleurs que c'est ce qu'aurait dû faire le Maire, dont le rôle majeur consiste, à mes yeux, à toujours tenter d'entendre ce qui se passe dans sa Commune, dont le rôle consiste à tout faire pour que les gens se parlent, ne soient pas les uns contre les autres. Faute de ceci, le climat se dégrade et certains, se sentant rejetés, peuvent s'exprimer par la violence physique. C'est naïf de ne pas avoir songé à ceci plus tôt, quand on sait, quand on vit le mépris d'une certaine Municipalité et son autisme sur bien des plans, à commencer par les plans d'urbanisme...

Mais, à Buzet, hélas!, nous sommes loin de ce Maire arbitre, de ce Maire conciliateur, de ce Maire rassembleur. Nous n'avons qu'un chef d'un tout petit clan, ou un petit chef de clan, qui est convaincu de détenir la vérité suprême, sous prétexte qu'il est élu depuis longtemps, trop longtemps, et qu'il est né ici.

Et je dois dire que le communiqué publié sur le site officiel de Buzet quelques jours après l'incident ne fait que confirmer les dires précédents.

Voici que "deux membres de l'ASC" auraient "attendu l'adjoint à l'urbanisme à l'extérieur pour l'agresser" ?! C'eût été donc prémédité ! Il y aurait donc eu du traquenard dans l'air ! Balivernes que tout ceci, quand on sait qu'en réalité, et je l'ai vu, un administré a souhaité parler à l'adjoint en question et attirer son attention sur un point. Ensuite, la discussion s'est envenimée, oui, et un second administré a cru, à tort, qu'il fallait porter secours au premier administré, qui se trouvait être son ami, et a "foncé"… Quel rapport, ensuite, entre ces deux administrés et l'ASC, sinon, certes, qu'ils en sont membres, mais qu'ils sont amis depuis bien avant, et qu'ils n'ont, évidemment, nullement agi au nom de l'association, qui a d'ailleurs condamné le geste ?

Je passe enfin sur les adverbes "violemment" ("bousculé") et "grièvement" ("blessé") dont, visiblement, le sens paraît échapper au(x) scribe(s) officiel(s) de la Mairie…

Ce texte, enfin, laisse sous-entendre que "l'élu a été transporté aux urgences" immédiatement, ce qui est faux, puisque, quand je l'ai laissé après être resté avec lui une trentaine de minutes, on attendait la voiture qui allait le raccompagner chez lui. Les urgences, a priori, ce fut pour le lendemain… Urgences lentes donc…

Où vouloir en venir avec tout ceci ? A cela : clairement, au-delà de la plainte, qui a été la méthode choisie pour répondre à l'incident, plainte qui est un droit, sur lequel je n'ai donc rien à dire sinon qu'elle est libre, le Maire et ses proches ont cru bon d'exploiter cet incident pour régler des comptes avec une association, l'ASC, qui, depuis longtemps, s'oppose à certains projets municipaux, comme aux méthodes de nos gouvernants", souvent fort peu démocratiques.

Au sein même du Conseil municipal, certains élus, dont je suis, ont fini par se désolidariser d'un Maire et de ses proches qui, à nos yeux, ont failli sur bien des points, et notamment dans leur mission, dans leur obligation de proximité, dans leur devoir d'assurer le "vivre ensemble" à Buzet, si promis et si piétiné.

C'est fort peu "digne" d'un premier magistrat… ou d'un second…, comme j'ai déjà eu l'occasion de le dire en Conseil, mais en vain, évoquant aussi, à l'occasion, certaines "incompétences"...

Et, sur le fait d'utiliser, aux fins citées plus haut, le site officiel de la Mairie, j'ai encore à dire, en tant qu'élu de Buzet !

A dire, d'abord, que le Conseil n'a pas été consulté sur la pertinence de publier un tel texte et sur un tel contenu. Je reconnais bien là ceux qui se pensent propriétaires de la chose publique à Buzet ! Ceux qui n'aiment pas consulter. Ceux qui n'aiment pas discuter. Les avares de la parole. Ceux qui n'ont que des comptes à régler, eux qui comptent si mal, parfois...

Alors, à force de se couper d'une grande partie de la population, des réalités même, à force de demeurer fermé(s) à tout dialogue, il ne faut finalement pas s'étonner que se soit établi un climat de tension, un climat d'exaspération, qui a fini par faire sortir certains de leurs gonds.

Pierre Bourdieu, un sociologue bien connu dont je partage pas mal de conclusions, aimait à dire que, quand l'institution fait preuve de ce qu'il appelait la "violence symbolique" (qu'illustrent tous les travers que j'ai évoqués plus haut), il faut s'attendre à ce que certains y répondent par la violence physique.

Alors vivement un Maire et une équipe plus "bourdieusiens" !…

Vivement la paix ! Après la guerre...



Xavier PAREILLE,
toujours Conseiller de BUZET,
Maire-adjoint à la Culture, à la Communication et au Social démissionnaire depuis septembre 2011.


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Au nom de tous les adhérents de l'ASC, l'équipe de l'ASC remercie M. Pareille pour cet acte de bravoure et d'honnêteté intellectuelle.

2 commentaires:

  1. De la difficulté de voir s'imposer la diversité des points de vue dans les petites communes

    Dans la situation actuelle, et à cause du type de vote ( par liste ) imposé par
    la loi aux petites communes , une diversité de points de vue ne peut
    réellement exister au sein d'un conseil municipal.
    Pour avoir une existence,cette diversité ne peut s'exprimer que par le biais d'associations en agissant à travers ce statut.

    De ce fait , même si leur existence est légale,ces associations ne sont pas perçues comme officielles ( politiquement parlant ) et peuvent être, dans certaines communes, attaquées par le maire ou ses conseillers en ne se privant pas de revendiquer tous les droits.

    A Buzet, en 2008, afin d'offrir un second (ou autre) choix aux habitants, une liste s'était présentée face à la liste du maire sortant.
    Cette liste apolitique a remporté 45% des suffrages, le maire " gouverne " donc actuellement avec 55% des suffrages en méprisant haut et fort le reste de l'opinion.

    Allant même jusqu'à essayer de punir aujourd'hui à travers SON projet de PLU certaines personnes ayant osé lui apporter la contradiction !!!

    Il en serait tout autrement si cette liste était représentée , au prorata du suffrage , dans le conseil municipal où , même en minorité.
    Les élus de cette liste auraient eu le droit de donner leur opinion sans apparaître comme des conspirateurs.
    De plus dans un tel conseil municipal ( où la diversité serait représentée ) le maire et les conseillers qui le suivent pourraient être mis en minorité.

    La diversité oblige le dialogue et ce dialogue est la base de toute
    démocratie.

    Qu'advient-il quand on confisque le dialogue

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  2. Je viens de vous exposer mon point de vue sur le manque de représentation démocratique dans nos petites communes ; j'ai oublié de remercier ce conseiller municipal qui, quelque part, me fait un peu mentir ..... et fait avancer les choses .
    Je n'oublie pas qu'au delà de ce fait divers malheureux , c'est l'exaspération autour du PLU et de la ZAC qui est le vrai point de départ de tout cela , alors merci Mr PAREILLE chacun pourra juger.

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